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Qualité et sécurité des produits - Champs électromagnétiques

Les ondes d'extrêmes basses fréquences et les champs de radiofréquences
sont partout. Dans nos maisons, dans la rue, dans les cours d'école
de nos enfants, ... 
Sommes-nous en danger ?


Avec la généralisation de la communication sans fil, notre exposition aux ondes électromagnétiques s’accroît de jour en jour, et on s’interroge de plus en plus sur leurs effets sur la santé. Alors que certains prédisent une crise sanitaire, les gouvernements et l’industrie font tout pour rassurer la population. Devant ce concert de voix discordantes, le consommateur est plongé dans l’embarras.
Préoccupé par cette question, Option consommateurs a décidé de creuser le sujet afin d’en savoir plus, tant sur les risques liés aux ondes de radiofréquences générées par les technologies sans fil, que les risques liés aux champs électromagnétiques d’extrêmes basses fréquences générés par l’électricité dans nos maisons. 


Parmi les plus exposés
Des études indiquent que les Québécois sont beaucoup plus exposés aux champs électromagnétiques d’extrêmes basses fréquences dans leur maison que les autres Canadiens et les citoyens d’autres pays industrialisés. La raison : 70 % des résidences québécoises sont chauffées à l’électricité.

Quels sont les risques ? Depuis 1970, bon nombre d’études épidémiologiques ont conclu que le risque de leucémie doublait chez les enfants exposés de façon chronique aux champs électromagnétiques de 0,2 à 0,4 µT (microtesla). Cependant, la preuve de leur nocivité n’est pas faite. En 2001, le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS, a classé les champs électromagnétiques d’extrême basse fréquence dans la liste « Peut-être cancérigènes » au même titre que les gaz d'échappement et le DDT. 

Danger réel ?
Outre la leucémie chez l’enfant, le Service de la santé publique de la Californie soupçonne les champs électromagnétiques de causer le cancer du cerveau chez l’adulte, la sclérose latérale amyotrophique et l’avortement. D’autres études révèlent un risque potentiel de cancer du sein et de la maladie d’Alzheimer.

Les recherches ont cependant tendance à se contredire et Santé Canada se veut rassurant. Sur son site Web, il est noté : «Il n’y a aucune preuve concluante de dommages causés par des expositions à des niveaux trouvés normalement dans les maisons et les lieux de travail au Canada. Il n’y a donc pas besoin de chercher à limiter son exposition. »

L’Institut national de la santé publique du Québec est plus nuancé sur le sujet. Dans un récent rapport remis au ministère de la Santé et des Services sociaux de la province, l’Institut affirme : « Le niveau de risque associé aux champs électromagnétiques pour l’ensemble de la population, s’il est réel, s’avère faible. Ce risque peut néanmoins être important pour les personnes les plus exposées. » 

Principe de précaution
L’Institut national de la santé publique du Québec recommande donc au gouvernement de mieux renseigner la population sur les risques liés à l’exposition aux champs électromagnétiques et de se doter d’une approche de précaution.

Plusieurs organisations et pays ont adopté des mesures afin de réduire l’exposition à ces champs. Par exemple, à Irvine, en Californie, celle-ci ne doit pas dépasser 0,4 µT dans les maisons et les garderies. Aux Pays-Bas, l’exposition ne doit pas atteindre 0,4 µT dans les nouvelles écoles, alors qu’en Suisse elle ne doit pas dépasser 1 µT dans les résidences et lieux publics.

Au Canada, aucune norme ne régit l’exposition aux champs électromagnétiques de basses fréquences. En l’absence de norme, l’Institut national de la santé publique du Québec recommande au ministère de la Santé et des Services sociaux d’appliquer la limite d’exposition proposée par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, qui est de 83,3 µT. Soit environ 200 fois plus que la norme en vigueur à Irvine, en Californie.

Des conclusions alarmantes
En août 2007, le groupe de travail BioInitiative, composé de 13 scientifiques internationaux de renom, a alerté les pouvoirs publics sur les risques liés à l’exposition aux champs électromagnétiques, tant ceux de très basses fréquences que des radiofréquences utilisées en télécommunication.
Le rapport BioInitiative a passé en revue 1500 travaux et ses conclusions sont alarmantes.

D’autres clignotants s’allument avec la publication de nouvelles études concernant l’utilisation du téléphone cellulaire.
Selon des récentes recherches, utiliser un cellulaire durant 10 ans ou plus accroît le risque de différents types de cancers, surtout les cancers du cerveau, mais aussi des tumeurs du nerf auditif et des glandes salivaires. 

Et les enfants seraient plus à risque que les adultes. C’est pourquoi l’été dernier, le Bureau de la santé publique de Toronto a lancé un appel à la prudence aux parents. L’Association canadienne des télécommunications sans fil a toutefois répliqué que leur mise en garde ne repose sur aucune preuve.

De son côté Santé Canada penche actuellement pour le statu quo. La preuve n’étant pas faite, Santé Canada considère qu’il revient à chacun de décider d'utiliser ou non un cellulaire, en tenant compte de la possibilité qu'il subsiste un risque inconnu. 

L'étude Interphone
Pour plus de certitude, nombreux sont ceux qui attendent les résultats de l’étude Interphone menée dans 13 pays depuis 2000, dont le Canada. Il s’agit d’une des plus grandes recherches effectuées à ce jour dont l’objectif est de déterminer si l’exposition aux radiofréquences produites par les téléphones cellulaires est associée à un risque de cancer. Malheureusement la publication des résultats combinés de cette étude ne cesse d’être reportée; elle se fait attendre depuis maintenant 4 ans.

L’inquiétude ne se limite pas aux cellulaires. Selon le Dr David Carpenter, professeur de santé environnementale à l'Université d'Albany dans l’état de New-York, l’exposition au WiFi est beaucoup moins élevée que lorsqu’on téléphone avec un cellulaire, mais elle demeure quand même significative. « C’est la même chose qu’une exposition passive à la fumée de cigarette » affirme-t-il. 

Les antennes
Cette problématique inclut également les antennes de téléphonie mobile qui se multiplient de manière exponentielle, parfois au grand dam de la population. Comme à Terrebonne, où un comité de citoyens dénonce depuis l’été dernier la présence d’antennes de téléphonie à proximité d’une garderie et d’écoles. Le comité demande d’appliquer le principe de précaution.

Certains pays ont légiféré en ce sens, comme la Finlande qui interdit tout antenne à moins de 300 mètres des écoles, ou comme la ville de Salzburg en Autriche, qui applique une limite d’exposition aux radiofréquences 10 000 fois inférieure à celle en vigueur au Canada.

De leur côté, les plus importantes compagnies de réassurances n’ont pas attendu d’avoir la preuve de la nocivité des radiofréquences pour prendre des précautions, puisqu’elles ont décidé de ne plus couvrir la téléphonie mobile. Les dommages de toute nature liés aux champs et aux ondes électromagnétiques font également partie de leurs exclusions.


Ce dossier, réalisé par Séverine Galus, journaliste à Option consommateurs,   a été publié dans le magazine Protégez-Vous.
Marie-Josée Boudreau, ingénieure et chargée de projet à Protégez-Vous, a mesuré, pour sa part, le degré d'exposition auquel les gens sont soumis au quotidien dans leur résidence et rédigé un article sur le sujet.  Retrouvez l'ensemble des résultats de cette étude dans le magazine Protégez-Vous, Février 2009.

Lire les recommandations d'Option consommateurs,  diffusées le 21 janvier 2009

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