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Chroniques

Échanger sa maison pour les vacances
26 mars 2010
Une maison de vacances à l’autre bout du monde, sans que cela vous coûte un sou ! C’est possible si vous proposez en échange votre propre résidence.

Par Séverine Galus, du Service d'agence de presse d'Option consommateurs

L'essor d'Internet a largement contribué au succès que connaît le troc de maisons pour les vacances. Pas étonnant, quand on sait que dépaysement et économies sont garantis ! Actuellement, il existe pas moins de 60 sites Internet où on peut s’inscrire pour échanger sa maison contre celle de quelqu’un d’autre presque partout sur la planète. Certains sont gratuits, beaucoup sont payants. Les prix varient de 40 $ par an à plus d’une centaine de dollars pour les sites qui se spécialisent dans l’échange de maison de luxe.

Pour vous aider à vous y retrouver, www.camago.fr a dressé un comparateur de sites parmi les plus populaires. La recherche se fait par destination. Bien souvent aussi, vous pouvez faire une recherche inversée afin de trouver une famille qui souhaite venir séjourner au Québec. Il faut donc s’attendre à passer quelques heures sur Internet pour espérer conclure un échange. Mais, selon de nombreux « échangistes », comme on les appelle, cela vaut vraiment la peine.

Les mauvaises expériences seraient d’ailleurs rares, affirme Serge Dugas, propriétaire depuis 1999 du site echangedemaison.com, qui se spécialise dans les échanges entre le Canada et la France. « Bien entendu, précise-t-il, il faut tout de même que les gens mettent leurs objets de valeur sous clé. » Mieux vaut penser également à ranger en lieu sûr ses papiers personnels (avis d’imposition par exemple), à mettre un mot de passe sur l’ordinateur et à créer une session « invité », puis à bloquer la fonction « interurbain » sur sa ligne téléphonique. Un autre truc : demandez à un voisin de confiance de s’assurer que les choses se déroulent bien chez vous.

Reste que la formule ne convient pas à tout le monde, reconnaît Serge Dugas. Certains se disent qu’ils n’aimeraient pas qu’on fouille dans leurs tiroirs. Dans ce cas, cela ne vaut pas la peine d’insister. Il faut pouvoir faire confiance aux gens. »

Site web gratuit ou payant ?

Selon Serge Dugas, un site payant offre les meilleures garanties. « Les personnes s’inscrivent à l’aide de leur carte de crédit. Nous avons donc leurs coordonnées exactes, et le niveau de sécurité s’en trouve accru. Sur un site gratuit, ont peut écrire n’importe quoi et indiquer n’importe quelle adresse. » Si l’on échange via un site gratuit, vaut mieux effectivement vérifier sur Internet que l’adresse de la maison existe bien. Mais que le contact se fasse par l’intermédiaire d’un site payant ou gratuit, la suite de la démarche est la même, et la confiance s’acquiert au fil des échanges par courriel ou par téléphone.

Quel que soit le site, y inscrire sa maison ne garantit pas l’échange pour autant. « Ça ne se fait pas facilement, avoue M. Dugas. Il faut y travailler en contactant des gens qui ont une maison là où vous souhaitez aller et qui seraient susceptibles d’avoir envie de venir chez vous. Beaucoup de Québécois désirent aller en France, mais ce ne sont pas tous les Français qui veulent venir ici ! De plus, les Québécois désirent tous séjourner dans une belle maison au bord de la mer. Mais il faut rester réaliste et être prêt à faire des compromis en fonction de ce qu’on a à offrir en échange.» À retenir : les villas luxueuses dans les endroits paradisiaques sont très recherchées; leurs propriétaires ont donc l’embarras du choix. Les premiers arrivés sont souvent les premiers servis !

Les habitués le savent, il faut se mettre en quête dès l’automne de sa prochaine maison de vacances pour l’été suivant. Les premiers contacts se font par l’échange de courriels dans lesquels on précise ce qu’on offre, on se renseigne sur les besoins et on vérifie si les dates de vacances peuvent coïncider. C’est également l’occasion d’envoyer des photos, de présenter les attraits touristiques de sa région, etc. « Les échanges se concrétisent généralement en janvier, précise M. Dugas, afin qu’on puisse réserver les vols à l’avance s’il y a lieu et, ainsi, bénéficier de prix avantageux. »

Pratique pour les familles

Propriétaire d’une maison en banlieue de Montréal, Pierre Geoffré a fait plusieurs échanges avec des familles françaises en se concentrant sur l’arrière-pays. « Cette formule est très intéressante, explique-t-il. Tant sur les plans financier et humain que touristique, puisque les gens avec qui nous échangeons, ma famille et moi, nous recommandent leurs endroits favoris. Nous avons fait des découvertes extraordinaires grâce à leurs conseils.»

Père de deux enfants, M. Geoffré estime que l’échange de maisons lui permet de loger les siens à peu de frais dans un endroit bien équipé pour les recevoir. « Contrairement à l’hôtel qui est cher et impersonnel, la maison offre un milieu de vie agréable, adapté aux besoins des enfants qui se réjouissent de découvrir les jouets des autres. Finalement, on vit comme chez nous mais la française, ce qui nous procure beaucoup de plaisir.»

Quelques précautions

Avant de partir, il est important de prévenir les assureurs à propos de la maison et de la voiture, le cas échéant. « Les assureurs ne sont pas mécontents parce qu’il y a quelqu’un chez vous, précise M. Dugas. Cependant, s’il y a un vol durant votre absence, il faut absolument qu’il y ait trace d’effraction. Sinon, vous ne serez pas indemnisé. »

L’expérience a montré à M. Geoffré que, pour l’échange de voiture, il vaut mieux convenir à l’avance d’un kilométrage, les distances au Québec n’étant pas les mêmes qu’en Europe. « Si notre voiture n’est plus neuve et n’est plus en mesure d’effectuer de longues distance, il vaut mieux le préciser également. Il faut être le plus honnête possible et ne pas avoir peur de convenir de limites avec les gens avec qui on échange. » Pour la remise des clés, les échangistes s’arrangent habituellement avec des amis ou les voisins. « J’ai fait un petit guide de la maison, pour indiquer les jours où il faut sortir les ordures, préciser où sont les fusibles, etc., explique Mr. Geoffré qui n’a jamais connu de mauvaises expériences. Nous avons également fait des échanges lors de fins de semaine avec des familles de Québec et d’Ottawa qui se sont aussi très bien passés. Bien sûr, il y a toujours un risque à échanger sa maison, mais je pense que les mauvaises expériences ne sont pas plus nombreuses que dans le tourisme ordinaire. Selon moi, le mieux est d’échanger avec des familles qui nous ressemblent. Je n’échangerais pas, par exemple, avec des jeunes qui pourraient faire la fête et déranger les voisins. »

Vous êtes locataire ? Vous pouvez aussi échanger votre logement. Il suffit tout simplement d’avertir votre propriétaire et de vous assurer, bien sûr, d’obtenir son autorisation.
Nous vous souhaitons des vacances inoubliables !
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