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OGM – À quand l’étiquetage?
Par Isabelle Bergeron
31 octobre 2006
Le 16 mai dernier, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Yvon Vallières, annonçait à l’Assemblée nationale que le gouvernement provincial ne pourrait rendre obligatoire, comme promis, l’étiquetage des OGM et des produits qui en contiennent.
Les raisons invoquées par le ministre Vallières – notamment qu’il s’agissait d’une opération fort complexe et sans doute coûteuse – ont été bien loin de satisfaire les partisans de l’étiquetage obligatoire. Ainsi, plusieurs groupes d’agriculteurs, d’environnementalistes et de consommateurs – dont Option consommateurs – se sont rendus aux bureaux du premier ministre Jean Charest, le 6 juin, afin de rappeler au gouvernement l’importance d’une telle démarche.
Des conséquences encore incertaines
Bon nombre d’études soulignent les effets bénéfiques des OGM (utilisation à la baisse des pesticides, accroissement des productions, plus grande accessibilité de la nourriture pour les pays en voie de développement, etc.). En revanche, de plus en plus de recherches sonnent l’alarme : les OGM ne seraient peut-être pas aussi inoffensifs que le prétendent leurs défenseurs; qui plus est, ils ne seraient pas aussi fameux qu’on le dit. Par exemple, une étude
1 menée en Inde entre 2002 et 2005 a démontré que le coton génétiquement modifié requérait finalement autant de pesticides que le coton traditionnel et que sa culture était loin d’entraîner les profits estimés au départ – le coton traditionnel aurait été 60 % plus rentable ! Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, la science est bien loin d’avoir donné toutes les réponses concernant les OGM.
Puisque, justement, les effets bénéfiques des OGM sur l’environnement, la santé et l’économie n’ont pas encore été prouvés hors de tout doute, et qu’ils font toujours l’objet d’un intense débat, nous croyons fermement que les consommateurs devraient à tout le moins avoir la liberté de choisir s’ils veulent ou non consommer de tels produits. D’autant que 79 % des Québécois seraient favorables à l’étiquetage obligatoire des OGM et des produits qui en contiennent
2 . Nous estimons que le gouvernement québécois devrait donc aller de l’avant et mettre sur pied une politique d’étiquetage. Il deviendrait alors un leader au Canada en légiférant dans ce domaine, comme il l’a été en légiférant sur l’usage des pesticides.
Le gouvernement du Québec a récemment confirmé la tenue de larges consultations publiques dans le cadre de la Commission de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. Ainsi, durant les six premiers mois de 2007, les citoyens pourront faire part de leurs préoccupations en matière de sécurité des aliments, à laquelle est notamment liée la question des OGM.
La Commission déposera ses recommandations au plus tard en janvier 2008. Option consommateurs salue cette initiative, mais espère néanmoins que le gouvernement entreprendra incessamment des actions dans le but de rendre l’étiquetage des OGM obligatoire. Cela afin de satisfaire à la majorité de consommateurs qui veulent être en mesure de faire des choix libres et éclairés.
Quelques chiffres
Le Canada est le 4e producteur de cultures génétiquement modifiées, après les États-Unis, l’Argentine et le Brésil.
Les principales cultures génétiquement modifiées dans le monde sont le soja (60 %), le coton (28 %), le canola (18 %) et le maïs (14 %).
En 2005, la superficie mondiale des cultures génétiquement modifiées était de 90 millions d’hectares – une progression de plus de 75 % depuis 1996.
Plus de 40 pays ont déjà établi une politique d’étiquetage obligatoire dont le Brésil, l’Australie ainsi que tous ceux de l’Union européenne.
Sources : OGM Québec et International Service for the acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA).
1Bt Cotton in Andhra Pradesh : A three year assessment.
2Sondage Léger Marketing (2001).